Après Padar, le bateau met le cap sur Komodo. Débarquement à Loh Liang, dans une baie bordée d'arbres secs. Le panneau en pierre du parc national, classé au patrimoine mondial, puis le ranger qui rassemble tout le monde et rappelle les règles : on marche groupés, on reste derrière lui, on ne court jamais. Il porte un bâton fourchu, ce qui a le mérite d'être clair.
Le premier dragon nous attend à cinquante mètres du départ, immobile dans les herbes sèches. Un varan de Komodo adulte fait deux mètres cinquante et pèse soixante-dix kilos. Celui-là ne bouge pas d'un cil, et on comprend tout de suite pourquoi on marche derrière quelqu'un.
Plus loin ils sont cinq ou six autour d'un point d'eau, allongés les uns sur les autres, à faire exactement rien. C'est la bonne heure pour les voir : le matin, ils cherchent l'ombre avant la grosse chaleur. Un autre traverse le chemin devant nous sans nous accorder un regard. Ils sont environ trois mille sur l'ensemble du parc, et nulle part ailleurs sur la planète.
L'après-midi, cap sur Pink Beach. Le sable est vraiment rose : du corail rouge broyé mélangé au sable blanc, une couleur qui ressort surtout au ras de l'eau, quand la vague se retire. Deux heures d'allers-retours entre le masque et la serviette.
Fin de journée sur le pont, entre deux averses. Un arc-en-ciel est apparu pile au moment où le soleil tombait derrière l'île d'en face. On n'a rien fait d'autre que regarder.
La suite du voyage · étape 9
Taka Makassar, le banc de sable
Dernier jour dans le parc, et la carte postale finale : Taka Makassar, un banc de sable en forme de croissant posé au milieu de nulle part, à…
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